Une année
dans
les vergers

“On peut éliminer
jusqu’à 80 %
des fruits
en formation.”

Quand on pense pêches, nectarines ou abricots, on pense été, forcément. Pourtant, le travail d’un Verger Écoresponsable s’étale sur une année entière. Grégory, arboriculteur dans la Drôme, producteur de pêches et nectarines, nous parle de sa terre, de ses fruits. Et d’un métier beaucoup plus exigeant qu’il n’y paraît…

Printemps, la saison du réveil

Les arbres retrouvent leurs feuilles et les premiers fruits apparaissent. Cela peut sembler surprenant, mais une grande partie des fruits est sacrifiée à ce moment-là : “C’est nécessaire, pour équilibrer la charge de l’arbre et garantir le bon calibre des fruits. On peut en éliminer jusqu’à 80 % ! Mais les fruits seront plus charnus, plus goûteux.” Cette opération a aussi pour objectif de ne pas épuiser l’arbre.

En Vergers Écoresponsables, la qualité du sol a une importance toute particulière : “Pour prospérer, un pêcher a besoin d’un sol neutre, avec un bon drainage et une humidité normale. Il peut atteindre 5 mètres de hauteur et produire des fruits pendant 15 ans. Le rendement est à son maximum de la 4e à la 11e année. Ensuite, il décroît régulièrement.”

Le printemps est aussi une période critique à cause du gel. Il peut détruire les fleurs et les fruits en formation. Il existe alors deux solutions pour les protéger. La première consiste à arroser les arbres pour qu’une poche de glace se forme autour des fleurs ou des fruits en formation : dans cette bulle, ils sont maintenus à température régulière, échappant au froid excessif de l’extérieur. La seconde solution fait appel à la chaleur : les arboriculteurs disposent dans leurs vergers des bougies antigel pendant la nuit, le long des arbres, de façon à faire remonter légèrement la température. Dans un cas comme dans l’autre, la vigilance et la réactivité sont essentielles.

Au mois de mai, les arboriculteurs réalisent ce qu’ils appellent une taille en vert : “On élimine les feuilles superflues pour que les fruits soient bien ensoleillés, et que les arbres “respirent” plus. Ce sont des opérations qui demandent beaucoup de main d’œuvre, mais qui sont incontournables si l’on veut des fruits de qualité.”

Été, l’activité bat son plein

Cueillir des pêches et des nectarines en Vergers Écoresponsables, c’est tout un art. Les fruits ne mûrissent pas tous à la même vitesse suivant leur position dans l’arbre. Ce qui nécessite donc plusieurs passages au cours de la saison pour les récolter. “Il faut 5 à 8 passages par arbre, dans le même verger, pour ne cueillir que les fruits parfaitement mûrs. C’est très contraignant et quasiment unique en Europe… mais c’est aussi pour ça que la qualité gustative des pêches françaises est devenue une référence.”

Et bien sûr, les fruits sont cueillis à la main, toujours. “On les dépose sur 2 ou 3 rangs dans des caisses qui peuvent contenir 8 kg maximum.” Ensuite, les fruits sont transportés très rapidement en station. “Tous les lots sont contrôlés : on vérifie le taux de sucre et la maturité. Puis on calibre les fruits pour les répartir ensuite sur des plateaux ou en barquettes.”

Mais comment se fait-il que l’on trouve des pêches et des nectarines jusqu’en septembre ? “Parce que les producteurs ont sélectionné des variétés de maturation différentes, adaptées à chaque terroir. On peut donc profiter de nos fruits tout l’été !”

Toutes les étapes, du verger au conditionnement, sont enregistrées. Chaque lot est identifié pour une traçabilité jusqu’au client. “On va même encore plus loin, puisque des échantillons sont analysés chaque jour pour tester le potentiel de conservation des fruits. Et qu’ils soient toujours les meilleurs !”

Automne, les arbres sont l’objet de tous les soins

Les fruits récoltés, il est temps d’apporter un maximum de soin aux pêchers. “On réalise une taille manuelle, en sélectionnant les meilleures branches. De cette façon, au printemps, les fruits seront plus ensoleillés, bien nourris. Et les abeilles pourront polliniser plus facilement.”

Hiver, on renouvelle le verger

Le froid a toute son importance. C’est grâce à lui que la fructification est stimulée au retour des beaux jours. C’est aussi le moment de l’année où les jeunes arbres issus des pépinières sont plantés dans les vergers. Les arboriculteurs en profitent pour nettoyer les sols, retirer les branches tombées.

Si vous passez près d’un verger à cette période, vous pourrez voir certains d’entre eux brosser les troncs de leurs arbres. Bizarre ? C’est pour mieux les protéger car cela permet de détruire les mousses et les parasites éventuels. Ils répandent aussi sur les troncs des huiles d’hiver pour lutter contre les attaques de pucerons.

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