Un an avec Grégory

Arboriculteur dans la Drôme, Grégory produit les pêches et nectarines que l’on trouve chez nos commerçants. Il nous parle de sa terre, de ses fruits. D’un métier beaucoup plus exigeant qu’il n’y paraît…


Les premières pêches sont cueillies au mois de juin. Pourtant, il y a un vrai travail de préparation en amont…
 

Grégory “C’est toute une année de travail. Ça commence à l’automne, avec une taille manuelle : les fruits seront plus ensoleillés, bien nourris. Et les abeilles pourront polliniser plus facilement. C’est pour ça qu’on trouve parfois des ruches près de nos vergers. Ensuite, au mois de mars, dès la formation des premiers fruits, on réalise un éclaircissage.”
 

Vous sacrifiez une partie des fruits ?
 

G. “C’est nécessaire, pour équilibrer la charge de l’arbre et garantir le bon calibre des fruits. On peut en éliminer jusqu’à 80 % ! Mais les fruits seront plus charnus, plus goûteux.”


La préparation se poursuit au mois de mai…
 

G. “On réalise une taille en vert. C’est-à-dire qu’on élimine les feuilles superflues pour que les fruits soient bien ensoleillés, et que les arbres “respirent” plus. Ce sont des opérations qui demandent beaucoup de main d’œuvre, mais qui sont incontournables si l’on veut des fruits de qualité.”
 

“Une attention à tous les niveaux, depuis la plantation de l’arbre jusqu’à la mise en plateaux.”


Des fruits de qualité, ce sont aussi des arbres bien entretenus…
 

G. “Pour prospérer, un pêcher a besoin d’un sol neutre, avec un bon drainage et une humidité normale. Il peut atteindre 5 mètres de hauteur et produire des fruits pendant 15 ans. Le rendement est à son maximum de la 4e à la 11e année. Ensuite, il décroît régulièrement. Et il faut attendre 10 jours pour qu’une variété de pêches ou de nectarines soit mûre.”

 
Mais comment se fait-il que l’on trouve des pêches et des nectarines jusqu’en septembre ?
 

G. “Parce que les producteurs ont sélectionné des variétés de maturation différentes, adaptées à chaque terroir. On peut donc profiter de nos fruits tout l’été !

 
La cueillette des fruits a également une particularité toute française…
 

G. “Absolument. Les fruits ne mûrissent pas à la même vitesse suivant leur position dans l’arbre. On a donc choisi de récolter les fruits en plusieurs passages. C’est-à-dire qu’il faut 5 à 8 passages par arbre, dans le même verger, pour ne cueillir que les fruits parfaitement mûrs. C’est très contraignant et quasiment unique en Europe… mais c’est aussi pour ça que la qualité gustative des pêches française est devenue une référence.”


Comment sont cueillis les fruits ?
 

G. “À la main, toujours ! On les dépose sur 2 ou 3 rangs dans des caisses qui peuvent contenir 8 kg maximum. Ensuite, les fruits sont transportés très rapidement en station. Tous les lots sont contrôlés : on vérifie le taux de sucre et la maturité. Puis on calibre les fruits pour les répartir ensuite sur des plateaux ou en barquettes.”
 

On parle aussi de traçabilité du fruit…
 

G. “Toutes les étapes, du verger au conditionnement, sont enregistrées. Chaque lot est identifié pour une traçabilité jusqu’au client. On va même encore plus loin, puisque des échantillons sont analysés chaque jour pour tester le potentiel de conservation des fruits. Et qu’ils soient toujours les meilleurs !